E- Manipulation destructrice: quelques traits généraux

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La violence conjugale psychologique: très insidieuse, de loin plus meurtrière et fréquente que la violence physique. En êtes-vous victime sans le savoir? Comment se prémunir contre elle?

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E- Manipulation destructrice: quelques traits généraux

Parmi toutes les formes de violence conjugale, la violence psychologique tient une place importante. Mais, dans ce domaine, il existe une forme de violence psychologique très redoutable et très insidieuse: il s’agit de la manipulation destructrice.

Stéphanie:
“Quand j’ai rencontré mon futur compagnon, il était charmant (et charmeur), droit, un peu rebelle, fier de son travail, et avait envie de fonder une famille avec moi.

Un an après, la grossesse s’annonce et nous emménageons ensemble… loin de mon lieu de travail mais tout proche du sien. Là, commence l’enfer…

Lui si érudit, si fort, si attentionné, si drôle, si attentif à sa santé… il crie, il insulte, il pleure, il promet, il supplie, il menace.
Je suis face à quelqu’un que je ne reconnais pas et je porte son enfant.

Il a fait peu à peu le vide autour de moi : ma famille qu’il insulte, mes amis qu’il ne supporte pas, allant jusqu’à me demander d’abandonner mon futur enfant etc.

Je suis prise dans une spirale dont je ne peux sortir : j’attends un enfant de lui, cette première paternité est-elle si difficile pour lui ?
Je mens à ma famille, à mon entourage. Comment avouer ce qu’est devenue ma vie ? Je vis dans l’angoisse permanente de ses crises, de ses hurlements, de ses menaces de suicide.


Au quotidien, ce ne sont que brimades, insultes, harcèlement. Il est odieux envers moi dont il trouve la vie inutile, m’empêche l’accès aux toilettes (il trouve ça très drôle), me réveille plusieurs fois par nuit, fait du bruit en permanence, m’oblige à vivre dans le noir… je suis épuisée, vidée, sans forces.”

Je ne suis plus capable de me rendre compte que ce que je vis n’est pas « normal »… Je suis prise au piège.

Quand je veux fuir, il pleure et me fait croire que moi seule lui ai apporté de l’amour, que sans moi, il meurt, que nous avons une famille qu’il faut préserver. Je ne suis pas masochiste, je n’aime pas les coups. Je ne veux pas être responsable du suicide du père de mon enfant. Je reste avec lui…

Tous ces “petits détails” que j’avais mis, à l’époque sur le compte de l’humour mal placé : blagues humiliantes et dégradantes, humour (plus que) noir …

Pourtant, il continue à travailler et il est, semble-t-il, un bon professionnel, apprécié de ses supérieurs.

Je tente de trouver du réconfort auprès de sa famille : j’apprends qu’il va beaucoup mieux depuis qu’il me connaît, qu’il se stabilise, qu’il a beaucoup changé, qu’il m’aime, que mon départ le détruirait… et qu’il faut que je fasse preuve de patience.

Puis viennent les menaces de mort. La violence redouble et devient quotidienne. J’ai très peur de ce qu’il pourrait faire à notre enfant s’il me tue…

Il n’hésite pas à perturber, faire pleurer (en criant ou en faisant claquer les portes), réveiller, molester (par poussette interposée par exemple) ou apeurer notre enfant, pour me faire accepter sa vision des choses, me forcer à vivre avec lui selon ses critères.

Je n’étais plus qu’un objet, une esclave à la solde de cette personne.”

J’ai vu, le regard haineux, menaçant et meurtrier de mon mari… regard qui changeait du tout au tout dans la minute. Je ne l’oublierai sans doute jamais, il me glace encore, et cela contribue à entretenir la peur que j’ai de lui et le sentiment qu’il est capable de tout.

Mon ex-mari s’est fait passé pour la victime, il joue mon rôle et tout le monde le croit. Je n’arrive pas à prouver que c’est moi la véritable victime et que cet homme a de sérieux problèmes psychologiques.

Le psychologue responsable de notre dossier, me dit que Monsieur est un pervers narcissique : il le dit, mais n’a pas le droit de l’écrire dans son rapport pour le Juge !

Il se croit au dessus des lois… qu’il appelle des “clowneries” !
Quelque part, il a raison puisque la justice lui donne raison à chaque fois!

J’ai constaté qu’il a un rapport à la mort particulier, comme s’il voulait savoir « comment ça fait », comme si elle le fascinait… voilà pourquoi j’éprouve une telle frayeur s’il devait, un jour, se retrouver seul avec notre enfant.
Ces personnes fantasment (d’après ce que j’ai lu sur le sujet) la mort de leur enfant…Elles mettent volontairement les autres en danger…
C’est bien ce qu’il faisait avec notre enfant durant notre vie commune, en le laissant seul dans le bain ou sur la table à langer, en laissant traîner systématiquement ses somnifères décapsulés – retrouvés par terre par notre enfant, en ne l’attachant pas dans le siège auto, en laissant les queues de casseroles dépasser de la cuisinière: « quand il l’aura pris sur la gueule, il recommencera pas ».

Je me sens terriblement seule dans mon malheur.
J’ai peur de perdre la garde de mon enfant parce qu’il demande la garde exclusive ainsi que l’autorité parentale exclusive.

Il m’a dépossédée de tout, je suis hébergée sans ressources chez mes parents, à leur grand désarroi.
J’ai peur de cet homme parce qu’il me tient avec mon enfant.”

***

Qu’est-ce que la manipulation destructrice?

Les lignes ci-dessous vous permettront de vous familiariser avec ce processus très destructeur et insidieux.
Les “manipulateurs destructeurs”, encore appelés, de façon  très réductrice,  “pervers narcissiques”, cachent des particularités insoupçonnées et très inquiétantes.

Le processus de manipulation destructrice dans la famille est un processus terriblement fréquent, insidieux, destructeur, qui fait des ravages tant au cours de la vie familiale qu’après la séparation, et qui pourtant, reste un processus encore très largement méconnu, notamment des professionnels intervenant sur la famille (magistrats et médiateurs dans les procédures de divorce, policiers et gendarmes dans le cadre des plaintes pour violence conjugale, psy lors des psychothérapies etc).

Les magistrats et les psy ne décelant pas l’existence d’un conjoint pathologique dans ces familles, donnent très fréquemment la garde des enfants, ou un droit de visite et d’hébergement au conjoint manipulateur destructeur, exposant ainsi les enfants à sa maltraitance insidieuse.

Ainsi, la victime se retrouve au banc des accusés, est ainsi survictimée, et les ravages se poursuivent bien au-delà de la séparation, et les crimes de rester impunis…

Nous empruntons cette page aux travaux de recherche du Docteur Pagnard sur la manipulation destructrice, son article du 18/05/2005, ainsi qu’à son livre “Crimes impunis ou Néonta: histoire d’un amour manipulé” - 2004 -  :

Le Docteur Geneviève Pagnard est psychiatre, criminologue, auteur de « Crimes impunis ou Néonta: histoire d’un amour manipulé » - Prime Fluo Editions – 2004 - et d’un second ouvrage sur cette problématique en cours d’édition.

La manipulation destructrice (MD),  particulièrement fréquente, insidieuse et dévastatrice, est à l’origine de la plupart des cas de violence conjugale qui aboutissent à des situations dramatiques, telles que des guerres par procédures interposées, enlèvement d’enfant, emprisonnement, maladies potentiellement mortelles, suicides, voire meurtres.
Il s’agit d’une forme d’agression à la fois particulièrement dévastatrice et insidieuse, difficilement détectable par la victime et son entourage. Elle se développe dans le secret du huis clos familial, détruisant tout sur son passage tel un cyclone, pour se poursuivre de façon plus redoutable encore après la séparation, avec la caution involontaire des juges qui tombent dans le même piège enjôleur que ses victimes, lors des procédures en avalanche qui suivent la séparation, le  manipulateur destructeur (MD) se faisant passer pour la victime, abusant à leur tour les magistrats, experts, etc. Les ravages provoqués par cette violence le plus souvent psychologique - la violence physique étant ici relativement ponctuelle - sont beaucoup plus profonds et dévastateurs que la violence physique, plus facile à détecter et à dénoncer.
Dans ces affaires judiciaires, le plus souvent complexes et d’apparence inextricable, les magistrats et les psy pensent fréquemment avoir affaire à “un simple conflit parental entraînant un conflit de loyauté chez les enfants”, faute d’avoir repéré qu’ils ont affaire en réalité, à une famille où l’un des parents est manipulateur destructeur, c’est-à-dire, ayant une personnalité pathologique. Devant les magistrats et les autres professionnels en charge de ces dossiers (psy, policiers, gendarmes, acteurs sociaux etc.), les manipulateurs destructeurs se font passer pour la victime, accusant le conjoint victime de ce qu’eux-mêmes font, portant plainte contre elle pour diffamation, plainte contre tous les témoins en faveur de la victime, plainte contre les médecins qui rédigent un certificat ou un signalement… De ce fait, les juges donnent fréquemment la résidence habituelle des enfants à ces parents qui cachent sous un masque lisse “sans reproche”, le despotisme machiavélique, la violence et autres comportements terriblement destructeurs qu’ils exercent dans le huis clos familial. La Justice ajoute ainsi une violence institutionnelle à la violence familiale, hautement préjudiciable au parent victime, mais aussi et surtout aux enfants qui continuent à être détruits, avec la bénédiction involontaire de la Justice.
En effet, grâce à la résidence habituelle des enfants ou au droit de visite et d’hébergement qui est fréquemment confiée aux parents agresseurs, ceux-ci vont ainsi continuer à détruire les enfants, sous les yeux d’une Justice pourtant attentive. Ils vont continuer à poursuivre le parent victime par une avalanche de procédures, toujours les mêmes d’un dossier à l’autre, embouteillant la justice qui tourne en rond entre les procédures chez le JAF, celles chez le juge pour enfants, ou le Procureur etc.
Les parents victimes sont alors parfois amenés à fuir avec les enfants pour les protéger de leur agresseur.
Le comportement stéréotypé des manipulateurs destructeurs les rend pourtant prévisibles…
Le profil des MD est particulier et fait partie du champ de la psychose (champ qui comprend notamment la paranoïa, la schizophrénie etc.).
Leur personnalité nécessiterait par ailleurs, un droit de visite simple dans un lieu neutre, en présence d’un professionnel formé à ce processus, afin d’éviter la poursuite de la destruction des enfants après la séparation. En effet, outre la violence quotidienne qu’ils exercent dans le huis clos familial, les manipulateurs agissent de façon chaotique, préjudiciable à la construction des enfants. On a peine à l’imaginer, lorsqu’on voit la façade lisse de ces agresseurs et lorsqu’on apprend qu’ils peuvent exercer des responsabilités professionnelles importantes, sauf lorsqu’ils exercent le fameux “harcèlement moral au travail” dont parle le Docteur M.F. Hirigoyen…
La manipulation destructrice (MD) se caractérise par l’emprise, le mensonge, et l’escroquerie financière. Elle se déroule en cinq phases:
°  Phase de séduction: au tout début de la relation « sentimentale », période « idyllique ».
°  Période insidieuse: où les mailles du filet vont se resserrer sur la victime, avec des critiques très insidieuses.
°  Période de la violence morale apparente: elle s’installe le plus souvent lors de la première maternité et comporte des réflexions désobligeantes, des reproches et des insultes de plus en plus fréquents, provoquant progressivement chez la victime, une perte de l’estime et de la confiance en soi et une culpabilité. Celle-ci est isolée de son entourage et souvent incitée sous différents prétextes à cesser son travail, ce qui va la rendre totalement tributaire de son agresseur. Le MD a un double visage, charmant à l’extérieur (se montrant excellent comédien), et, despotique dans le huis clos familial. Il se montre d’un égocentrisme forcené, passant d’une attitude de séduction à des colères, des bouderies sans raison. Il se fait sans cesse plaindre et se pose en victime. Il ment et organise une véritable escroquerie financière à l’insu de sa victime, développant sur son entourage une relation d’emprise et un « lavage de cerveau ».
L’inceste fait souvent partie du tableau.
°  Période de la violence paroxystique: lorsque la victime parle de séparation. Le tableau précédent devient cataclysmique, avec souvent violence physique associée, chantage au suicide, menaces de mort, et, menaces de prendre les enfants, de ne pas payer de pension alimentaire, de faire passer la victime pour folle, et de lui faire la guerre. Le viol peut faire partie du tableau, et, le MD peut aller jusqu’au crime.
°  Période suivant la séparation: pendant laquelle le processus de violence psychologique va se poursuivre dans les procédures de divorce, la guerre promise, par procédures interposées. Le MD présente une face lisse, au-dessus de tout soupçon aux professionnels judiciaires (police, magistrats etc.), se faisant passer pour la victime, accusant celle-ci de ce que lui-même fait. Il se sert de son droit de garde (résidence habituelle des enfants, ou, droit de visite et d’hébergement) pour continuer à détruire les enfants, à les dresser contre le parent victime et, pour se servir d’eux comme levier dans les procédures pour obtenir tous les avantages financiers possibles. Il continue à perpétrer l’inceste, bénéficiant d’une totale liberté d’action à chaque contact avec les enfants. L’incompréhension de la situation et du danger qu’encourent les enfants par la justice amène un certain nombre de victimes à fuir avec leurs enfants.
Le comportement des agresseurs est totalement stéréotypé induisant un comportement stéréotypé chez leurs victimes, dont les histoires sont toutes strictement superposables: les manipulateurs sont comme « clonés » les uns sur les autres.
Les répercussions sur les victimes (parents et enfants) sont graves, les enfants étant atteints indirectement par la violence dont ils sont témoins sur le parent victime, ou, directement, subissant eux-mêmes le même traitement que ce dernier : état anxio-dépressif, voire suicide, syndrome post-traumatique, troubles psychosomatiques divers, voire cancers, avec de plus chez les enfants, échec scolaire, violence scolaire et familiale etc.
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