Actualité sur la manipulation destructrice

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La violence conjugale psychologique: très insidieuse, de loin plus meurtrière et fréquente que la violence physique. En êtes-vous victime sans le savoir? Comment se prémunir contre elle?

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Actualité sur la manipulation destructrice

juillet 28th, 2009 · No Comments

Psycho enfants 15/6/09http://www.psychoenfants.fr/fichiers/actus999.php?langue=fr&code=calb12849Violences conjugales, le poids des mots
Violences conjugales, le poids des mots

Pour la première fois en France, le secrétariat d’Etat à la Solidarité décide de mettre en place une campagne contre les violences psychologiques au sein du couple, qui, selon Christine Clamens (présidente de la Fédération Solidarité Femmes), sont à l’origine des violences physiques.

En effet, selon les chiffres du gouvernement, en France une femme sur 10 serait victime de violences conjugales. En 2007, tous les 2 jours ½, une femme serait décédée sous les coups de son compagnon, soit 166 décès en un an. En 2008, le 3919 (numéro d’appel national destiné aux femmes victimes de violences conjugales) aurait reçu 800 000 appels. Dans 80% des cas, il s’agirait de violences verbales et psychologiques.

Un spot de 30 secondes, réalisé par Jacques Audiard et intitulé « La Voix », sera diffusé 550 fois du 11 juin au 1er juillet à la télévision, afin de dénoncer ces violences psychologiques.

Questions à Geneviève Pagnard, psychiatre et victimologue. Elle est l’auteure de Crimes impunis ou Néonta : histoire d’un amour manipulé, aux Editions Prime Fluo.

Quelles sont les différentes étapes de la violence conjugale ?
Geneviève Pagnard : Tout d’abord, j’aimerais souligner que la violence physique représente une petite part de la violence conjugale. C’est la violence psychologique qui est la plus fréquente et souvent la plus difficile à déterminer. D’où l’importance d’en parler.
Cette violence ne se présente pas sous forme d’étapes, mais plutôt de cycles récurrents. L’individu,à l’origine de cette violence possède un double visage, alternant comportement doux et charmant, avec des propos violents et des réflexions humiliantes.

Comment cela se manifeste-t-il au quotidien ?
G. P. : La victime, souvent de sexe féminin, fait l’objet de reproches constants, tant sur son physique que sur la tenue de la maison, l’éducation des enfants ou encore l’argent. Dès qu’elle montre des signes de souffrance et d’opposition, son conjoint s’excuse et redevient charmant, pour recommencer les reproches et les critiques quelque temps plus tard.

Quels sont les signes qui devraient mettre la puce à l’oreille ?
G. P. : Ils sont difficiles repérer. Au départ, le persécuteur est adorable et attentionné et la relation avec sa conjointe semble harmonieuse (mêmes goûts, mêmes rêves, mêmes convictions). Puis peu à peu un léger malaise s’installe face à cette relation « trop parfaite » et ce manque d’authenticité. Enfin, les premières réflexions arrivent. C’est là qu’il faut se poser la question de leurs justifications. Sont-elles assénées pour le bien de la femme ou pourrait-il s’agir d’un début de violence ? Si elles deviennent constantes et récurrentes, il faut sérieusement se poser la question de la violence psychologique. Les remarques les plus violentes tombent généralement après la première maternité. L’enfant devient la source des critiques, notamment concernant son éducation. Certaines phrases reviennent alors régulièrement (tu es folle, tu ne sais pas t’occuper de notre enfant). Et si jamais la femme menace son conjoint de partir, celui-ci la bombarde de menaces (si tu me quittes tu n’auras pas la garde de notre enfant, je ne te verserai pas de pension alimentaire, si tu veux la guerre, tu l’auras).

Qu’est ce qui peut motiver une femme à vivre et rester avec un homme violent ?
G. P. : Le fait qu’il y ait un enfant dans le couple peut mener la femme à rester avec son compagnon, notamment afin de ne pas briser la famille.
De plus, l’individu étant charmant et violent à tour de rôle, la femme perd ses repères. Elle ne se rend plus compte qu’il y a une vraie violence. Elle ne cherche donc pas à quitter l’homme et la situation dans laquelle elle se trouve.
Un sentiment de culpabilité peut également naître chez celle-ci, car l’individu manipulateur passe son temps à lui dire que tous les soucis viennent d’elle. La femme finit par y croire, et fera tout ce qu’elle peut pour arranger la situation, ce qui est impossible.

Les femmes n’ont-elles pas toujours l’espoir que ça s’arrangera et que leur compagnon changera ?
G. P. : Effectivement, ces femmes pensent que cela pourrait changer, qu’il s’agit d’une parole malheureuse et que leur compagnon ne recommencera pas. Après tout, celui-ci s’excuse et fait preuve de beaucoup de gentillesse après avoir été violent, ce qui augmente l’incompréhension de la femme et sa perte de repères.

Pourquoi ont-elles parfois des difficultés à en parler avec leurs proches et se terrent-elles dans le silence ?
G. P. : L’individu manipulateur a un comportement totalement « normal » en dehors du couple. Il est charmant et très bien considéré par l’entourage de sa victime ce qui empêche sa compagne d’être comprise et prise au sérieux par sa famille lorsqu’elle parle de violence.
De plus, si un membre de l’entourage était apte à découvrir la vraie nature de l’individu manipulateur, celui-ci ferait tout ce qu’il peut pour éloigner cette personne. Petit à petit, la femme est isolée et n’a plus personne à qui confier ses problèmes.

Pourquoi ne réagissent-elles pas davantage ?
G. P. : Elles pensent que c’est de leur faute s’il y a un problème dans le couple et que c’est donc à elles de tout arranger. De plus, lorsqu’il sent sa victime s’échapper, l’individu manipulateur fait appel au chantage (suicide, affectif, enfant…).

Quel peut être l’élément déclencheur pour qu’elles prennent conscience qu’elles sont en danger ?
G. P. : Tout au long de la relation, la femme cherche à lutter et à s’opposer à ce compagnon violent, mais sans succès. Généralement, c’est lorsqu’un enfant est pris à partie que la femme décide de quitter son compagnon. Le malheur de l’enfant, c’est le point de non-retour pour la femme. C’est ce qui la motive à se battre.

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